Dans un contexte de conflits armés dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) renforce les capacités des professionnels de la santé mentale afin d’améliorer le soutien psychosocial apporté aux populations civiles affectées par les crises.
Du vendredi 9 au samedi 10 octobre 2026, à Goma, au Nord-Kivu, le CICR a réuni 28 professionnels, notamment des assistants psychosociaux (APS) et des psychologues intervenant dans différents projets de l’organisation, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale.
Selon Brigitte Omba Omokoko, membre du département Santé mentale du CICR, ces deux journées de travail visaient notamment à prévenir l’épuisement professionnel et à mieux gérer les répercussions émotionnelles liées à l’écoute des patients.
Ces activités s’inscrivent dans le cadre des projets d’assistance aux blessés par armes, du projet PRP et des maisons d’écoute. Elles ont permis de porter une attention particulière aux professionnels qui accompagnent quotidiennement les bénéficiaires.
« En janvier 2025, lors de la guerre à Goma, ces équipes ont travaillé jour et nuit pour soulager les blessés et accompagner les bénéficiaires. Avec tout ce qu’elles ont vécu, elles n’avaient pas encore eu suffisamment de temps pour s’exprimer et partager leurs expériences », a expliqué Brigitte Omba Omokoko.
Pour Muyisa Grâce, psychologue, ces échanges ont constitué une occasion de prendre conscience de l’impact émotionnel de son travail.
« Nous sommes des personnes qui écoutent les souffrances des autres, lesquelles nous affectent indirectement. Ces deux journées nous ont permis, à nous aussi, de nous exprimer et de nous détendre. En tant que professionnels, nous pensons parfois être insensibles aux émotions de nos patients, mais nous avons constaté que nous sommes également affectés », a-t-elle témoigné.
Elle a encouragé les autres thérapeutes à s’accorder des moments de détente et à exprimer leurs propres souffrances afin de mieux poursuivre leur travail.
De son côté, Charlotte Matakuya, assistante psychosociale et volontaire de la Croix-Rouge de la RDC, a salué cette initiative.
« À travers ces échanges, nous avons découvert que nous enseignons parfois aux membres de la communauté à bien se comporter, tout en oubliant que nous-mêmes avons besoin d’être accompagnés pour aller mieux », a-t-elle souligné.
À travers ces rencontres, le CICR entend contribuer au bien-être des professionnels de la santé mentale afin qu’ils puissent poursuivre efficacement leur mission auprès des populations les plus vulnérables.
LUKEKA MBILIZI NATHANAËL


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