Un groupe d’étudiants réunis sur le site de l’UOS pour commémorer la mémoire des victimes des attaques des ADF dans la région de Beni, au Nord-Kivu. Photo : Synergie Sauti ya Amani.

Douze (12) ans après les premières tueries de masse dans leur région, les populations de Beni, au Nord-Kivu, continuent de faire preuve de résilience. À travers des témoignages recueillis dans le bulletin « Sauti ya Amani » du 30 octobre 2026, elles racontent leur quotidien, partagé entre souvenirs douloureux, lutte pour la survie et espoir d’un lendemain meilleur.

À Beni, au Nord-Kivu, les plus jeunes grandissent avec une date gravée dans la mémoire collective : le 15 octobre 2014, jour des premières attaques attribuées aux rebelles des ADF à Ngadi, dans le territoire de Beni. Douze ans plus tard, les habitants sont toujours debout. Malgré les traumatismes, ils tentent de transformer leur douleur en force. Certains retournent aux champs, même lorsque l’accès aux terres agricoles reste difficile. D’autres prennent soin des enfants dont les parents ont été tués lors des massacres, témoignent des habitants de la région.

Dans la soirée du jeudi 15 octobre 2026, à l’occasion de la commémoration du début de ces événements tragiques dans cette région autrefois paisible, des bougies ont été allumées sur le site de l’Université officielle de Semuliki (UOS), à Beni. Un geste symbolique qui ne visait pas seulement à honorer la mémoire des victimes, mais également à rappeler la détermination des survivants : « Nous sommes encore là », disent-ils.

Parmi les personnes marquées par ces violences figure Charline Wakine, qui a perdu son unique frère dans une embuscade sur la route Beni-Kasindi. « Cette situation m’a causé une profonde douleur et, jusqu’aujourd’hui, je ne peux pas dire que je suis totalement guérie. J’essaie de faire des efforts pour guérir et apprendre à vivre avec cette douleur », témoigne-t-elle.

Pour Jason Kathya, jeune influenceur de la région, la résilience ne consiste pas seulement à survivre aux violences. Elle implique également de refuser que l’histoire se répète. Il appelle ainsi chacun à prendre ses responsabilités face à cette crise. « Le dernier message, c’est d’appeler tout le monde à la prise de responsabilités, à comprendre que la crise qui se passe ici est la plus grande crise de la décennie », déclare-t-il.

De son côté, Guylaine Kahumula interpelle la communauté internationale sur la nécessité de ne pas oublier les populations de l’Est de la République démocratique du Congo. « Il ne faut pas que la communauté internationale s’occupe des autres pays et oublie l’Est de la République démocratique du Congo », insiste-t-elle.

Douze ans après le début de ces violences, Beni continue de porter les cicatrices des massacres. Mais au-delà des pertes humaines et des traumatismes, la population s’efforce de préserver l’espoir et de reconstruire son avenir. Elle réclame notamment justice pour les victimes, afin que les souffrances endurées ne restent pas sans réponse et que les générations futures puissent envisager un avenir différent.

Cet article est produit dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et des médias du Nord-Kivu en journalisme de paix pour la cohésion sociale », exécuté par l’UNPC Nord-Kivu avec l’appui de la Direction du développement et de la coopération (DDC) suisse.

À travers ce projet, l’UNPC Nord-Kivu entend renforcer le rôle des médias dans la promotion de la paix et de la cohésion sociale.

Isaac Bin-Ngeve

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