Alors que l’épidémie de maladie à virus Ebola continue de se propager en République démocratique du Congo (RDC), Médecins sans frontières (MSF) appelle à renforcer d’urgence la formation des professionnels de santé et des responsables communautaires.
Dans un communiqué publié le 24 août, MSF souligne que les communautés touchées ne bénéficient pas d’un soutien suffisant pour contenir la maladie. L’organisation estime nécessaire de renforcer les capacités en matière de détection précoce des cas, d’orientation vers les structures spécialisées, d’isolement et de prévention et contrôle des infections.
Selon les données communiquées par les autorités, plus de 5 000 cas confirmés et plus de 2 300 décès avaient été recensés au 16 août depuis le début de l’épidémie. MSF affirme qu’au cours de la semaine précédente, un décès lié à Ebola était enregistré environ toutes les 30 minutes.
L’organisation s’inquiète également de l’extension de l’épidémie au-delà de son épicentre en Ituri. Le Nord-Kivu notamment fait face à une mortalité élevée et à une forte méfiance envers la réponse sanitaire.
Plus de 60 % des décès liés à Ebola seraient survenus en dehors des centres de traitement, souvent au sein des communautés. Pour MSF, cette situation favorise la transmission du virus et montre l’importance d’une prise en charge plus proche des populations.
Dans le camp de déplacés de Rho, près de Drodro, en Ituri, les responsables communautaires collaborent avec MSF pour sensibiliser les habitants aux symptômes, à l’isolement et à la recherche rapide de soins. Le camp accueille près de 50 000 personnes.
MSF intervient actuellement en Ituri, au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, dans la Tshopo et le Haut-Uélé. Ses équipes gèrent six centres de traitement Ebola et des unités d’isolement, représentant plus de 400 lits. Plus de 1400 membres de son personnel participent à la riposte.
L’organisation appelle l’OMS, les agences des Nations unies, les organisations humanitaires et le ministère congolais de la Santé et prévoyance sociale à généraliser rapidement la formation des soignants et des responsables communautaires afin de détecter les cas plus tôt, réduire les contaminations et améliorer l’accès aux soins.
LUKEKA MBILIZI NATHANAËL

