Des étudiants réunis en Conférence à l’ISIG-Goma lors de la célébration de la journée mondiale de l’aide humanitaire 2026. Sur la photo une agent de l’OMS en pleine sensibilisation sur les VBG et la SSR. Crédit : Kivureporter

À Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), parler de sexualité avec les adolescents reste difficile dans de nombreuses familles. La gêne, les normes sociales et la crainte d’aborder certaines questions avec les enfants entretiennent le silence autour de la santé sexuelle et reproductive.

Une étude menée en 2024 dans les zones de santé de Goma, Karisimbi et Nyiragongo par l’Association sans but lucratif, Action des volontaires pour la solidarité et le développement (AVSD Asbl), révèle que plus de 32 % des jeunes interrogés ont été informés pour la première fois sur la santé sexuelle et reproductive à l’école ou à l’Université, contre seulement 16 % au sein de leur famille respective.

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Face à cette situation, les établissements scolaires constituent pour plusieurs jeunes un espace privilégié d’information. Les cours d’éducation à la vie et les séances de sensibilisation abordent notamment la puberté, la santé menstruelle, les infections sexuellement transmissibles (IST), les grossesses précoces et les comportements responsables à adopter.

« Ces sujets aident les enfants à découvrir leurs corps, à savoir qu’ils sont exactement et permettent de prévenir certaines maladies liées à la sexualité, notamment les IST », explique Jean-Bosco Shukuru Akizimana, Directeur des études à l’Institut Chemin de perfection, dans un entretien accordé le 24 juillet 2026.

Selon lui, l’établissement organise également des séances de sensibilisation, des conférences pour montrer aux élèves les conséquences des relations amoureuses précoces ou non maîtrisées.

Le poids du tabou familial

Si l’école joue un rôle important, les acteurs éducatifs estiment que les parents doivent également être impliqués dans l’éducation sexuelle des adolescents.

Pour Jean-Bosco Shukuru Akizimana, l’école ne peut toutefois pas se substituer à la famille. Il appelle les parents à devenir les « premiers amis » de leurs enfants afin de faciliter le dialogue sur les changements liés à l’adolescence.

« Certains parents évitent d’aborder la question de la santé sexuelle avec leurs enfants parce qu’ils la considèrent comme un tabou. Nous leur disons de faire de leurs enfants leurs premiers amis », souligne-t-il. 

Cette difficulté concerne particulièrement certaines familles vulnérables. Chantal Ferdina, mère de cinq enfants issue de la communauté pygmée du Nord-Kivu, affirme que ses filles trouvent principalement des informations sur la menstruation auprès de leurs amies.

« Souvent, c’est auprès des amies de mes filles que j’apprends qu’elles sont à leur période menstruelle », témoigne-t-elle. Pour les élèves, les cours d’éducation à la vie offrent ainsi la possibilité de poser des questions qu’ils n’osent pas toujours aborder à la maison.

Informer pour mieux protéger

Les acteurs de la santé et de l’éducation plaident pour une information adaptée à l’âge des jeunes, scientifiquement fiable et respectueuse du contexte culturel.

Lors d’une conférence organisée le 19 août 2026 à l’Institut supérieur d’informatique et de gestion (ISIG-Goma) dans le cadre de la journée mondiale de l’aide humanitaire, le cluster santé de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a également recommandé de rapprocher les services de santé sexuelle et reproductive des élèves et des étudiants.

L’enjeu, selon les acteurs interrogés, est de faire de l’école et de la famille deux espaces complémentaires afin que les adolescents puissent accéder à une information fiable et être orientés vers des services de santé adaptés à leurs besoins.

LUKEKA MBILIZI NATHANAËL

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