Un panier tressé coloré et des colliers de perles suspendus par la main d’une femme de la communauté Pygmée de la RDC. Photo crédit : Sauti ya Amani.

Contraintes de quitter la forêt, leur milieu de vie traditionnel, des femmes pygmées tentent de reconstruire leur quotidien dans la ville de Beni, au Nord-Kivu. Installées au campement de Kiprihani, elles apprennent depuis quelques mois à confectionner des bracelets et autres objets en perles, des paniers et à pratiquer la tresse des cheveux.

Privées de chasse, de cueillette et de ramassage en raison de l’insécurité dans la forêt, ces femmes se tournent désormais vers l’artisanat pour subvenir à leurs besoins.

À l’origine de cette initiative, le chef coutumier Mwami Achou Taibo, qui a mobilisé la communauté autour de solutions durables.

« Là où vivaient les Pygmées, il n’y a plus de vie à cause de l’insécurité dans la forêt. La vie des Pygmées, c’est le ramassage, la chasse et la cueillette. Déplacés ici en ville, ils sont confrontés aux difficultés de survie. En dehors de l’aide humanitaire, qui ne vient pas tous les jours, nous avons pensé à leur apprendre des métiers », explique-t-il.

La formation porte notamment sur la confection des bracelets en perles, des paniers, des chaînettes et la tresse des cheveux. La coupe et couture sont également envisagées.

Mais l’initiative fait face à plusieurs défis, notamment le manque de matériel et de formateurs qualifiés. Le chef coutumier plaide également pour la création d’un espace de vente afin de permettre aux bénéficiaires d’écouler leurs produits.

La formation est encadrée par Sagesse Lwahivweka, une jeune entrepreneure locale et responsable de SAG-Art. Elle souligne la capacité d’adaptation des apprenantes.

« Au début, nous étions 18 : des femmes, des filles et des enfants. J’ai finalement travaillé avec 10 femmes pygmées. Elles sont intelligentes, se sont adaptées et ont aimé la pratique. Le matériel, par contre, n’était pas suffisant », témoigne-t-elle.

Pour Marie Adonita, mère de cinq enfants, cette activité représente une possibilité d’autonomie. « Ce métier va m’aider à avoir de l’argent pour la nourriture, l’habillement, les frais scolaires et les soins médicaux », témoigne-t-elle.

Entre vulnérabilité et résilience, ces femmes espèrent ainsi transformer l’artisanat en une véritable source de revenus et retrouver progressivement leur autonomie loin de leur milieu traditionnel.

Cet article est produit dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et des médias du Nord-Kivu en journalisme de paix pour la cohésion sociale », exécuté par l’UNPC Nord-Kivu avec l’appui de la DDC suisse.

À travers ce projet, l’UNPC Nord-Kivu vise à transformer le rôle des médias, en les faisant passer de simples observateurs ou rapporteurs à de véritables catalyseurs de la paix et de la cohésion sociale.

Isaac Bin-Ngeve

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