À travers un spectacle culturel organisé le mardi 24 mars 2026 à l’Université de Goma, sous le thème « Mon corps m’appartient », l’organisation Action pour les Droits Solidaires (ADS), en collaboration avec le Quartier francophone de Goma, a sensibilisé les étudiants aux droits liés à la santé sexuelle et reproductive.
L’objectif de cette initiative était de vulgariser le Protocole de Maputo, un instrument juridique de l’Union africaine qui garantit les droits des femmes, notamment en matière de santé reproductive.
L’article 14 de ce protocole appelle les États parties à assurer le respect et la promotion des droits des femmes à la santé, y compris la santé sexuelle et reproductive. Il reconnaît notamment le droit des femmes à exercer un contrôle sur leur fécondité.
Ce texte prévoit également la protection des droits reproductifs des femmes en autorisant l’avortement médicalisé dans des cas spécifiques, notamment en cas de viol, d’inceste ou d’agression sexuelle, ainsi que lorsque la grossesse met en danger la santé mentale ou physique de la mère, ou sa vie, voire celle du fœtus.
Dans un contexte congolais marqué par de nombreuses barrières sociales et culturelles, cette activité n’avait pas uniquement une vocation divertissante. Elle se voulait également un cadre d’échange et de réflexion.
« Ce spectacle est un moment de réflexion collective, un espace d’apprentissage, mais aussi un appel à la responsabilité de chacun pour construire une société où chaque femme et chaque fille peut vivre dans la dignité, la sécurité et le respect de ses droits », a déclaré Yassin Tusingwire, directeur exécutif de l’ADS.
Le choix du milieu universitaire n’est pas anodin. Selon Jamimah Kamala, chargée des programmes au sein de l’organisation, il s’agit de cibler la jeunesse, mais aussi de sensibiliser sur des thématiques connexes telles que les violences basées sur le genre.
» Le spectacle était principalement axé sur l’avortement sécurisé, comme l’indique le thème: Mon corps m’appartient. Il vise à montrer l’importance de diffuser les messages liés aux droits à la santé sexuelle et reproductive, ainsi qu’à l’accès à l’avortement sécurisé tel que prévu par l’article 14 du Protocole de Maputo « , a-t-elle expliqué.
En République démocratique du Congo, et particulièrement dans la province du Nord-Kivu, les normes sociales, les coutumes locales ainsi que certaines dispositions du code pénal constituent encore des obstacles à l’application effective de ce traité.
Pourtant, la RDC a ratifié le Protocole de Maputo en 2008, et celui-ci est entré en vigueur en 2018. Malgré cela, sa connaissance et sa vulgarisation restent limitées au sein de la population.
Face à ce constat, l’ADS a adopté une approche basée sur la sensibilisation communautaire. À l’Université de Goma, cette activité s’inscrit dans la continuité d’autres initiatives déjà menées par l’organisation.
En 2025, elle a notamment formé 35 ambassadeurs engagés dans la lutte contre les violences basées sur le genre. Plus de 25 journalistes et blogueurs ont également bénéficié de formations sur ces thématiques afin de renforcer la sensibilisation au sein de la communauté.
L’organisation mise également sur le rôle des acteurs de la société civile, considérés comme essentiels dans les actions de plaidoyer en matière de droits et de santé.
En revenant à l’Université de Goma après ces formations, l’ADS entend contribuer à la réduction des avortements clandestins, souvent à l’origine de nombreux décès maternels dans la région.
Pour atteindre un large public, l’organisation privilégie les espaces universitaires, qui rassemblent des jeunes issus de différentes couches sociales.
« La jeunesse universitaire représente plusieurs composantes de la communauté. Pour toucher un grand nombre de personnes, il est important de passer par les universités, avant d’étendre la sensibilisation à d’autres secteurs », a souligné Jamimah Kamala.
Les organisateurs estiment que la méconnaissance de l’avortement sécurisé comme droit est largement liée aux tabous culturels entourant la santé sexuelle et reproductive, notamment au sein des familles.
D’où la nécessité de créer des espaces d’expression et de dialogue permettant aux jeunes de réfléchir et de s’informer sur ces questions qui les concernent directement.
Enfin, les intervenants ont tenu à préciser que le slogan « Mon corps m’appartient » ne doit pas être interprété comme une incitation au libertinage, mais plutôt comme une affirmation du droit des femmes et des jeunes filles à disposer de leur corps, dans le respect des valeurs sociales et des responsabilités individuelles.
LUKEKA MBILIZI NATHANAËL

C’est une excellente initiative. Il est essentiel de faire connaître ces droits et de les discuter ouvertement, surtout auprès des jeunes.
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