Madame Émilie Katondolo, photographiée lors de la célébration du 26è anniversaire de la Résolution 1325 de l’organisation des Nations unies, à Goma. Photo : communication du CAFED.

Adoptée à l’unanimité le 31 octobre 2000 par le Conseil de sécurité des Nations Unies, la Résolution 1325 célèbre ses 26 ans en 2026. À Goma, au Nord-Kivu, cet anniversaire a été commémoré mardi 3 novembre 2026 sous le thème « Paix, cohésion sociale et riposte Ebola ». L’activité a été organisée par le Collectif des Associations Féminines pour le développement (CAFED) avec l’appui de ses partenaires.

À cette occasion, Émilie Katondolo, coordonnatrice de la Synergie des femmes pour les victimes des violences sexuelles et membre de la Coalition Jeunesse, paix et sécurité, a plaidé pour une meilleure représentation des femmes, notamment celles de la base, dans les instances décisionnelles et les initiatives liées à la paix. Elle a également salué les avancées enregistrées dans la mise en œuvre de cette résolution en République démocratique du Congo (RDC).

« Depuis l’adoption de la Résolution 1325, des outils stratégiques ont été mis en place dans notre pays, notamment le Plan d’action national (PAN), qui évolue de génération en génération et en est actuellement à sa troisième. Au Nord-Kivu, nous disposons également d’un plan d’action provincial, qui en est à sa deuxième génération. Il y a donc des avancées significatives, malgré le contexte », a-t-elle expliqué.

La Résolution 1325 constitue le texte fondateur de l’agenda Femmes, paix et sécurité. Celui-ci repose sur quatre piliers : la prévention, la participation des femmes aux processus décisionnels et de résolution des conflits, leur protection, ainsi que le secours et le relèvement.

Cette commémoration intervient dans un contexte marqué par la persistance des conflits armés et des crises humanitaires au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri, auxquels s’ajoute la crise sanitaire liée à la maladie à virus Ebola (MVE).

Pour Émilie Katondolo, cette situation ne doit pas décourager les femmes, mais plutôt les pousser à faire davantage entendre leur voix. « En tant que premières victimes, nous ne pouvons pas croiser les bras. C’est l’occasion de hausser la voix et de montrer que, malgré ce contexte de guerre répétitif, nous gardons toujours l’espoir de voir la paix revenir dans nos villes et nos villages. La femme de la base doit également avoir la possibilité de s’exprimer et d’apporter ses idées sur les questions relatives à la paix dans notre pays », a-t-elle plaidé.

Elle a également appelé les jeunes à s’engager en faveur de la paix à partir de leurs milieux de vie, notamment dans leurs familles et leurs quartiers.

De son côté, Nathalie Kone Traoré, cheffe de la section Genre de la MONUSCO à Goma, a insisté sur la nécessité de faire entendre la voix des femmes directement affectées par les conflits dans l’Est de la RDC. Elle a également félicité le CAFED pour cette initiative qui a favorisé les échanges et les encouragements mutuels entre les femmes.

Pour sa part, le docteur Jules Yao, chef du bureau de l’UNFPA à Goma, a souligné l’engagement des agences des Nations Unies à renforcer les capacités des femmes et des jeunes afin qu’ils contribuent activement aux questions de paix, de sécurité et d’éducation.

Pour Émilie Katondolo, la participation effective des femmes de la base, souvent oubliées dans les instances de décision, constitue un levier important pour renforcer la mise en œuvre de la Résolution 1325 en RDC, malgré les défis sécuritaires, humanitaires et sanitaires.

LUKEKA MBILIZI NATHANAËL

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