Au Nord-Kivu, les kinésithérapeutes alertent sur l’augmentation des cas d’hypertension artérielle et les conséquences cardiovasculaires liées au stress chronique provoqué par les conflits armés dans l’est de la République démocratique du Congo. Le constat a été fait mardi 8 septembre 2026, à Goma, à l’occasion de la Journée internationale de la physiothérapie.
Selon les données présentées par les professionnels, le Nord-Kivu a enregistré 48 728 cas d’hypertension artérielle en 2024, contre 56 134 en 2025. Pour les six premiers mois de l’année 2026, 27 802 cas ont déjà été recensés entre janvier et juin.
Pour le Docteur Murhabazi Justin, le stress lié à la guerre expose davantage la population à l’hypertension, à l’insuffisance cardiaque et aux accidents vasculaires cérébraux (AVC), pouvant entraîner des séquelles telles que l’hémiplégie et la perte d’autonomie.
« Les conséquences cardiovasculaires des conflits armés sont moins visibles que les blessures de guerre, mais peuvent être importantes et prolongées. Il ne faut pas seulement regarder la plaie sur le front ou sur la jambe pour dire qu’on est blessé. Même ceux qui n’ont pas de plaies visibles ont des blessures invisibles », explique-t-il.
Le médecin estime que les conséquences sanitaires des conflits armés peuvent se poursuivre bien après l’arrêt des combats. « Nous avons comparé les résultats des hypertendus en 2024, 2025 et 2026. La flèche ne fait que monter. Ces hypertendus sont en train de faire des AVC et certains se retrouvent en chaise roulante », affirme-t-il.
De son côté, la kinésithérapeute Kyakimwa Kantu Giselle souligne que les conséquences des conflits persistent même après la fin des hostilités. Elle cite notamment les AVC et les problèmes psychologiques.
Face à cette situation, les kinésithérapeutes recommandent notamment la pratique régulière d’activités physiques. « Nous devons promouvoir les activités physiques dans nos familles et nos communautés, car elles peuvent contribuer à prévenir les maladies cardiovasculaires », dit-elle, indiquant qu’une personne doit faire au minimum 30 minutes d’activités physiques par jour.
La Journée internationale de la physiothérapie 2026 est placée sous le thème du rôle de la physiothérapie et de l’activité physique dans la prévention, la prise en charge et la réadaptation des maladies cardiovasculaires et des AVC.
À Goma, l’Union des Kinésithérapeutes du Congo (UKC) Nord-Kivu, a réuni 88 kinésithérapeutes et plusieurs organisations partenaires, dont le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), autour de » L’impact des conflits armés sur l’augmentation du risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) et la prise en charge kinésithérapeutique dans le contexte d’épidémie de la maladie à virus Ebola », une thématique qui souligne à la fois les crises humanitaire et sanitaire auxquels fait face la province.
LUKEKA MBILIZI NATHANAËL

