Les journalistes des pays des Grands Lacs sont appelés à jouer un rôle central dans la promotion de la paix et de la cohésion sociale. À Goma, dans l’Est de la République démocratique du Congo, le lauréat congolais du prix journalisme 2025 de la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), Meschac Tsongo, a partagé son expérience avec ses confrères, mettant en avant l’importance du journalisme de paix et du multimédia.
Lancée sous l’impulsion du secrétariat exécutif de la CIRGL, la première édition de ce prix visait à changer le regard porté sur la région. « Trop souvent, les histoires sur notre région se concentrent sur les difficultés sans mettre en évidence la remarquable résilience, l’innovation et les progrès de nos peuples », avait justifié l’organisation.
Le 23 mars 2026, à Kampala, en partenariat avec l’Université de Makerere, avec l’appui de l’agence de coopération allemande GIZ et d’Ultimate Multimedia Consult, la CIRGL a récompensé trois journalistes originaires du Burundi et de la République démocratique du Congo pour leurs reportages mettant en lumière des récits de paix.
De retour à Goma, Meschac Tsongo, lauréat dans la catégorie vidéo, est intervenu le samedi 11 avril 2026 lors d’une cérémonie de restitution organisée par le média info.femme.cd. Devant près d’une vingtaine de journalistes, il a insisté sur la responsabilité des professionnels des médias dans un contexte régional marqué par des tensions persistantes.
« Les journalistes ont toujours ce rôle. À travers notre plume, nos micros et nos caméras, nous devons contribuer à la promotion de la paix et à la cohabitation pacifique dans la région des Grands Lacs. C’est une responsabilité quotidienne, car nous vivons nous-mêmes les réalités de cette région« , a-t-il déclaré.
Le concours était ouvert aux journalistes de plusieurs pays de la région, notamment l’Angola, le Burundi, la République centrafricaine, la République du Congo(RDC), le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, le Soudan du Sud, le Soudan, la Tanzanie et la Zambie. L’objectif était de renforcer les capacités des professionnels des médias à produire des contenus équilibrés, porteurs d’espoir et favorisant la compréhension mutuelle.
Selon Meschac Tsongo, cette initiative a également permis aux lauréats de bénéficier d’une formation en journalisme multimédia et en engagement numérique. Une approche qu’il considère essentielle pour s’adapter aux évolutions du métier.
« Les médias traditionnels ont leurs limites. Mais en combinant le son, l’image et le texte dans le multimédia, nous pouvons atteindre un public plus large et mieux répondre aux attentes des différentes audiences », a-t-il expliqué.
Il a ainsi encouragé ses confrères à s’approprier les outils numériques et le multimédia, qu’il considère comme des leviers importants pour améliorer la qualité du travail journalistique.
Les participants à cette rencontre ont salué cette initiative, qui leur a permis de mieux comprendre l’importance du journalisme de paix dans un contexte souvent contraignant pour la profession.
« Aujourd’hui, je confirme qu’il est possible de rester indépendant et neutre tout en contribuant à la construction de la paix« , a témoigné Joseph Katusele, journaliste et chercheur en sciences de l’information et de la communication. Il a également souligné la nécessité d’adapter le journalisme classique aux formats modernes, notamment à travers l’usage du multimédia, de l’intelligence artificielle et d’internet.
Lors de la remise des prix à Kampala, le secrétaire exécutif de la CIRGL, le Dr Mubita Luwabelwa, avait rappelé que le travail des journalistes est essentiel à la santé civique. Il a insisté sur le fait que les professionnels des médias ne sont pas de simples observateurs, mais des acteurs engagés dans la promotion de la transparence, de la redevabilité et dans la défense des voix marginalisées au sein des États membres de la région.
LUKEKA MBILIZI NATHANAËL

