En République démocratique du Congo (RDC), la loi sur le numérique encadre désormais plusieurs pratiques sur les réseaux sociaux, notamment l’usurpation d’identité, la diffusion d’images sans consentement et certains contenus susceptibles de porter atteinte à la paix sociale.
Dans le bulletin Sauti ya Amani du 15 août 2026, plusieurs internautes et acteurs du droit pensent que la connaissance et le respect de cette législation devraient contribuer à un usage plus responsable des réseaux sociaux et à la réduction des tensions communautaires.
Selon Maître Émile Lwanzo Katikili, défenseur judiciaire près le Tribunal de Grande Instance (TGI), l’utilisation des plateformes numériques implique désormais des responsabilités.
« Usurper l’identité d’autrui dans le but de porter atteinte à son honneur ou à ses intérêts, diffuser des contenus tribalistes, racistes et xénophobes (…) sont des actes punissables », explique-t-il. Il évoque également les dispositions relatives à la pornographie mettant en scène les enfants et les sanctions prévues par la loi.
Cette sensibilisation semble influencer certains comportements. Un utilisateur des réseaux sociaux affirme avoir changé sa manière de publier et de partager des informations depuis l’entrée en vigueur de la loi.
« Je ne publie plus n’importe quoi. Je réfléchis avant de partager une information ou une photo. On doit vérifier les informations et respecter le consentement des personnes », témoigne-t-il.
Au-delà de la dimension répressive, la loi pourrait également jouer un rôle dans la prévention des conflits, en responsabilisant les internautes et en limitant la circulation de contenus susceptibles d’attiser les tensions communautaires.
Une autre victime de désinformation se félicite de l’existence de ce cadre légal. Elle affirme avoir été déclarée morte sur les réseaux sociaux alors qu’elle était bien vivante.
« La loi sur le numérique est d’une importance capitale. J’ai été publiée morte alors que je suis vivante. Grâce à cette loi, les gens seront davantage responsables », témoigne-t-elle.
Pour plusieurs analystes, mieux connaître et respecter la législation sur le numérique constitue donc un moyen de limiter les abus en ligne et de favoriser un espace numérique plus responsable, respectueux et propice à la paix sociale.
Cet article est produit dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et des médias du Nord-Kivu en journalisme de paix pour la cohésion sociale », exécuté par l’UNPC Nord-Kivu avec l’appui de la DDC suisse.
Mady-Nzenza Ilongo

