En marge de la Journée internationale des peuples autochtones (JIPA) 2026, l’Action de développement pour la promotion des droits humains et la gestion de l’intérêt des peuples autochtones pygmées originaires (ADELIPO) a rendu hommage aux sage-femmes Pygmées et appelé au respect des droits des peuples autochtones en République démocratique du Congo (RDC).
C’était au cours d’une rencontre tenue vendredi 14 août à Mugunga, dans l’ouest de la ville de Goma. Organisée en collaboration avec Energies 2050 et Art’s Planet, elle a réuni des dizaines de femmes et d’hommes issus des communautés autochtones pygmées de Nzulo, Mubambiro, Sake et Mugunga.
Placée sous le thème « Rendre hommage aux sage-femmes autochtones : préserver la vie et le bien-être », l’activité a porté notamment sur la réflexion autour de la reconnaissance des savoirs ancestraux, la valorisation du rôle des sage-femmes, la transmission intergénérationnelle ainsi que les difficultés d’accès aux soins de santé et à l’éducation.
Pour Masumbuko Shamutwa Justin, coordonnateur d’ADELIPO, les sage-femmes autochtones jouent un rôle essentiel dans leurs communautés, alors que l’accès aux structures sanitaires reste limité.
« Ce sont les sage-femmes autochtones qui aident les femmes lorsqu’elles accouchent. Nous n’avons pas de dispensaires ni suffisamment de prestataires de santé qualifiés. Si nous sommes là aujourd’hui, c’est aussi grâce à elles », a-t-il déclaré.
Les femmes présentes ont également évoqué les difficultés liées aux accouchements. Furaha Kabasele Leontine, présidente des femmes autochtones pygmées de Nzulo, déplore notamment le manque de moyens pour se rendre à l’hôpital.
« Le plus grand problème que nous avons, nous les femmes pygmées, est d’accoucher à domicile ou dans nos maisons faute de moyens pour aller à l’hôpital », explique-t-elle, appelant les autorités à tenir compte de leur situation.
Des droits encore difficiles à faire respecter
Au-delà de la question sanitaire, les participants ont dénoncé les difficultés d’accès à leurs terres, à l’éducation et aux ressources naturelles, dans un contexte marqué par les conflits armés dans l’Est de la RDC.
Les organisateurs ont également rappelé l’existence de la Loi n°22/030 du 15 juillet 2022 portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées. Pour ADELIPO, le principal défi reste son application effective.
« Nous nous sommes réjouis de la promulgation de cette Loi par le Gouvernement Cogolais, mais elle peine encore à être pleinement appliquée. Nous lançons un appel au gouvernement pour qu’il mette en œuvre l’intégralité de ses dispositions parce qu’elles renforment les solutions aux problèmes que nous avons au quotidien», a indiqué Masumbuko Shamutwa Justin.
Les participants ont ainsi appelé les autorités à accélérer l’application de cette loi et à prendre des mesures concrètes pour améliorer les conditions de vie des peuples autochtones pygmées dans l’Est de la RDC.
Pour Papy Karitasi Muka, membre de la communauté de Mubambiro, les changements dans leur environnement ont également affecté leur alimentation traditionnelle. « Avant, nous allions dans la forêt chercher des aliments. Aujourd’hui, les choses ont changé et nous avons de plus en plus de difficultés à en trouver », témoigne-t-il.
À travers cette activité commémorative, ADELIPO et ses partenaires ont voulu faire de la JIPA un moment de réflexion et de mobilisation en faveur des droits, des savoirs et de la participation des peuples autochtones aux décisions qui concernent leur avenir.
LUKEKA MBILIZI NATHANAËL


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