Audience du procès fictif de l’initiative « Sote Pamoja kwa Ajili ya Uhaki », organisée devant les étudiants de l’UHTGL. Photo : Kivu Reporter.

Des étudiants de Goma, au Nord-Kivu, ont été sensibilisés au droit d’accès à la justice et à la prévention des conflits à travers un procès fictif pédagogique organisé les 10 et 12 juin 2026 à l’Université de Goma (UNIGOM) et à l’Université des Hautes Technologies des Grands Lacs (UHTGL), dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

Cette initiative « Sote Pamoja kwa Ajili ya Uhaki » est l’œuvre des jeunes formés à l’Université Alternative de Pole Institute. Il s’agit d’une activité menée dans le cadre du projet « Accès à la justice », mis en œuvre par le consortium des organisations International Alert, iPeace et Pole Institute. L’initiative s’est articulée autour d’une affaire criminelle transfrontalière fictive. 

L’exercice a permis aux organisateurs d’aborder des notions de droit pénal, de procédure pénale ainsi que les mécanismes de coopération judiciaire dans la région des Grands Lacs. 

L’objectif était de vulgariser les instruments juridiques relatifs à l’accès à la justice et les garanties procédurales reconnues aux personnes arrêtées ou poursuivies, tant au niveau national qu’international. 

Le procès a été conçu et mis en scène par des jeunes juristes, titulaires de licences et de masters en droit, appuyés par d’autres jeunes non juristes, tous formés à l’Université Alternative. 

Le représentant de l’initiative des jeunes, Akilimali Weteshe Baudoin explique : « Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet Accès à la justice ou Uhaki Bila Mipaka. Nous voulons apporter, aux membres des communautés, les connaissances juridiques pour lutter contre les préjugés selon lesquels la justice serait incompréhensible ou inaccessible. »

Comme dans la réalité, ce procès fictif a réuni le Ministère public, la partie civile et la défense devant un tribunal composé de trois juges assistés d’un greffier. Ce dernier lisait l’extrait de rôle et actait les prétentions des parties.

Le scénario mettait en cause un homme surnommé « Kibakuli », de nationalité étrangère, accusé d’avoir tenté de traverser clandestinement la frontière avec un enfant de huit ans. 

Arrêté par des agents fictifs des services des migrations, l’accusé a soutenu qu’il cherchait simplement à venir en aide à un enfant en détresse.

Au cours des débats, les parties ont invoqué plusieurs textes juridiques, notamment les articles 17 et 19 de la Constitution de la RDC, les dispositions du Code de procédure pénale, la loi portant organisation et fonctionnement des juridictions de l’ordre judiciaire ainsi que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Les participants ont salué cette initiative parce qu’elle permet de mieux comprendre le fonctionnement de la justice et les mécanismes de coopération judiciaire entre les États de la région des Grands Lacs.

« Le tribunal est le sanctuaire de la vérité et du droit. Cette activité nous a montré de manière concrète comment les droits de chaque partie sont protégés au cours d’une audience. », a déclaré Bakungu Bayomba Éric, représentant des étudiants de l’UHTGL.

Dans son réquisitoire, le Ministère public a requis 20 ans de servitude pénale et une amende d’un milliard de francs congolais contre l’accusé. La partie civile a, pour sa part, sollicité 5 000 dollars américains de dommages et intérêts. Mais après délibération, le tribunal a acquitté « Kibakuli », estimant que les preuves présentées étaient insuffisantes.

À travers cette activité, l’initiative « Sote Pamoja kwa Ajili ya Uhaki » entend renforcer la culture juridique des citoyens et promouvoir une meilleure compréhension des droits et garanties reconnus à toute personne poursuivie par la justice.

LUKEKA MBILIZI NATHANAËL

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