À la frontière de Kasindi, entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda, le commerce transfrontalier ne se limite pas à de simples échanges de marchandises entre vendeurs et acheteurs. Il constitue un véritable vecteur de rapprochement entre les populations riveraines de ces deux pays des Grands Lacs.
Chaque jour, des dizaines de petits commerçants traversent la frontière de Kasindi–Lubiriha pour s’approvisionner ou vendre leurs produits. Malgré les contraintes administratives et les conditions de travail parfois difficiles, ces acteurs économiques parviennent à maintenir des relations harmonieuses avec leurs partenaires de l’autre côté de la frontière.
« Entre nous, Congolais et Ougandais, nous travaillons sans difficulté. Sans cette collaboration, il serait impossible de mener nos activités. À travers nos transactions commerciales, nous sommes comme des frères », témoigne Rebecca Viamba, commerçante active à ce poste frontalier.
Au fil des années, ces échanges ont permis de tisser des liens solides fondés sur la confiance et la solidarité mutuelle entre les deux peuples. Pour de nombreux acteurs locaux, le commerce est devenu un langage commun qui dépasse les frontières nationales de la RDC et de l’Ouganda.
Fabrice Ndavo, membre de la plateforme des petits commerçants de Kasindi, souligne l’impact positif de cette dynamique :
« Le commerce transfrontalier renforce la cohésion sociale entre les communautés de Kasindi et de Mpondwe. Les échanges de produits comme l’huile, les balais ou les bananes plantain favorisent les interactions et rapprochent les populations. »
Depuis plusieurs années, ces activités commerciales soutiennent l’économie locale, notamment dans les villes de Beni et Butembo en RDC, ainsi qu’à Mpondwe, dans le district de Kasese en Ouganda. Le poste frontalier de Kasindi–Lubiriha s’impose ainsi comme un véritable carrefour d’échanges et de rencontres.
Dans une région marquée par des tensions sécuritaires récurrentes, notamment dans le Nord-Kivu, cette coopération quotidienne joue un rôle essentiel dans le renforcement de la compréhension mutuelle et de la stabilité. Pour les leaders communautaires, Kasindi illustre comment des initiatives locales peuvent contribuer à bâtir une paix durable entre les peuples, dans la région des Grands Lacs Africains.
Par ailleurs, des initiatives soutenues par des partenaires internationaux, notamment la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC/Suisse), accompagnent les efforts locaux en faveur de la cohésion sociale, tel est le cas de l’émission Sauti ya Amani dans la partie Grand-Nord de la province du Nord-Kivu.
En collaboration avec l’Union nationale de la presse du Congo, section du Nord-Kivu, la DDC-Suisse appuie un réseau des journalistes de paix du côté Congolais. Ces actions visent à promouvoir une information responsable et à consolider la paix dans la région.
Cet article est produit dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et médias du Nord-Kivu sur le journalisme de paix pour la cohésion sociale ». Un projet exécuté par l’Union Nationale de la Presse du Congo, section du Nord-Kivu, avec l’appui de la Direction du Développement et de la Coopération, DDC Suisse.
A travers ce projet, l’UNPC Nord-Kivu vise à transformer le rôle des médias, passant de simples observateurs ou rapporteurs à des véritables catalyseurs de la paix et de la cohésion sociale.
Lukeka Mbilizi Nathanaël et Paul Zaidi


C’est intéressant de voir comment le commerce peut vraiment connecter les gens. Cela souligne l’importance de ces échanges informels pour les communautés locales.