Médecins Sans Frontières (MSF) alerte sur le risque d’exclusion du Nord-Kivu du huitième cycle de financement (GC8) du Fonds mondial de lutte contre le paludisme, qui couvrira la période 2027-2029.
Dans un communiqué publié le 16 juillet, l’organisation affirme avoir appris que cette province, en grande partie contrôlée par l’AFC/M23, ne figurerait plus parmi les zones prioritaires pour les futures subventions.
Pour MSF, une telle décision aurait de lourdes conséquences dans une province où le paludisme demeure la principale cause de morbidité.
« Le Fonds mondial a été une véritable bouée de sauvetage pour les personnes exposées au paludisme. S’il cesse de soutenir la province, la situation deviendra catastrophique », avertit Stéphane Doyon, responsable des programmes de MSF.
L’organisation rappelle que le Nord-Kivu est confronté à un conflit armé prolongé, à des déplacements massifs de populations, à l’insécurité alimentaire et à un accès limité aux soins, des facteurs qui favorisent la propagation du paludisme et aggravent les formes graves de la maladie.
Elle souligne également que le système de santé est déjà sous pression en raison de l’épidémie d’Ebola en cours.
Dans les zones de santé de Bambo, Kibirizi et Rutshuru, où MSF appuie les structures sanitaires, le paludisme représentait entre 48 % et 58 % des consultations en 2025. Plus de 255 000 cas simples et 26 000 cas graves y ont été pris en charge, dont plus de 165 000 dans des structures soutenues par MSF.
L’ONG indique que les activités de prévention sont déjà fortement perturbées. Aucune distribution de moustiquaires n’a été réalisée dans les zones financées par le Fonds mondial depuis juin 2023 et, durant le second semestre 2025, aucun intrant antipaludique n’a atteint le Nord-Kivu en raison des difficultés d’accès.
Face à ces ruptures, MSF affirme avoir assuré plus de la moitié des traitements contre le paludisme simple et plus d’un tiers des traitements des formes graves dans les zones où elle intervient.
MSF appelle le Fonds mondial et les autorités congolaises à réintégrer pleinement la province du Nord-Kivu dans les priorités du GC8 et à garantir une répartition des ressources fondée sur les besoins sanitaires et la vulnérabilité des populations.
LUKEKA MBILIZI NATHANAËL

