En collaboration avec l’Université de Makerere en Ouganda, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) a récompensé, le lundi 23 mars 2026 à Kampala, trois journalistes burundais et congolais pour leurs reportages portant sur le récit des conflits dans la région depuis plusieurs décennies.

Lancé le 21 septembre 2025 à l’initiative du secrétariat de la CIRGL, à l’occasion de la Journée internationale de la paix, ce prix vise à reconnaître et encourager les professionnels des médias qui mettent en lumière les voix des survivants, exposent les réalités des conflits et inspirent l’espoir d’une région plus pacifique et plus unie.

Les premiers prix ont été attribués à Adiel Bashirahishize et Joyce Guillaine Imanishimwe du Burundi, ainsi qu’à Meschac Tsongo de la République démocratique du Congo. La cérémonie a été précédée d’une semaine de formation intensive destinée à renforcer les compétences des journalistes dans la couverture des questions de sécurité et de développement.

Selon l’ambassadeur Robert Masolo, coordinateur national ougandais de la CIRGL, la région des Grands Lacs est souvent perçue à l’international sous l’angle du conflit. Il a souligné que ces prix contribuent à promouvoir une vision plus nuancée, tout en encourageant les médias à privilégier des récits équilibrés porteurs d’unité et d’espoir.

Les lauréats ont été sélectionnés par un jury présidé par le professeur Baba Wame, qui a insisté sur le fait que les distinctions étaient attribuées uniquement au mérite. Joyce Guillaine Imanishimwe a remporté le prix dans la catégorie radio pour son reportage sur l’impact des fermetures de frontières et de l’insécurité sur les jeunes entrepreneurs. Meschac Tsongo a, quant à lui, reçu le premier prix dans la catégorie télévision.

Aucun lauréat n’a été désigné dans la catégorie presse écrite, aucun dossier n’ayant répondu aux critères requis cette année. « Une récompense doit être méritée, elle ne doit pas être simplement octroyée », a déclaré Baba Wame.

Le Dr Mubita Luwabelwa, secrétaire exécutif de la CIRGL, a rappelé que le travail des journalistes est essentiel à la santé civique, soulignant qu’ils sont des acteurs engagés dans la promotion de la transparence, de la redevabilité et de la défense des voix marginalisées.

Pour les lauréats, cette reconnaissance constitue à la fois une protection et une responsabilité. Adiel Bashirahishize, journaliste au magazine burundais Jimbere, a expliqué que son travail vise à identifier les tensions locales afin de favoriser la résilience des communautés rurales. Meschac Tsongo a ajouté que ce prix symbolise un engagement à contribuer au progrès de la région.

« Cette reconnaissance régionale n’est pas une fin en soi, mais une réaffirmation de mon engagement envers le journalisme de paix dans la région des Grands Lacs », a-t-il déclaré.

Cette initiative bénéficie du soutien de l’agence allemande de coopération GIZ et d’Ultimate Multimedia Consult. Le partenariat entre la CIRGL et l’Université de Makerere cible les journalistes et les étudiants issus des zones affectées par les conflits, avec pour objectif de promouvoir un journalisme de paix et une participation citoyenne active.

LUKEKA MBILIZI NATHANAËL 

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