Commune rurale de Kasindi, Nord-Kivu. Photo crédit : synergie "Sauti ya Amani."

À Kasindi, au Nord-Kivu, des jeunes et des leaders communautaires appellent à la prudence dans l’utilisation des réseaux sociaux afin de préserver la cohésion sociale. Ils mettent en garde contre la diffusion de fausses informations et de messages de haine susceptibles de fragiliser les relations entre les communautés.

Avec l’essor du numérique, les réseaux sociaux sont devenus un moyen rapide de s’informer et d’échanger. Toutefois, leur mauvaise utilisation peut favoriser la propagation de messages tribalistes et haineux, particulièrement dans un contexte de tensions sécuritaires dans l’est de la République démocratique du Congo.

Pour Michel Mulirombe Muzamungu, responsable d’un groupe de jeunes à Kasindi, chaque utilisateur doit faire preuve de responsabilité avant de publier un contenu en ligne.

« Pour publier des informations sur les réseaux sociaux, il faut d’abord être responsable de ce que l’on diffuse. Lorsqu’on publie quelque chose, il faut savoir que plusieurs personnes vont en prendre connaissance. Je conseille donc aux jeunes d’analyser et de comprendre ce qu’ils veulent dire avant toute publication, car certaines personnes manipulent les autres », souligne-t-il.

Dans cette localité caractérisée par la présence de plusieurs communautés, les conséquences des messages haineux peuvent dépasser le cadre virtuel et menacer la cohabitation pacifique. L’acteur communautaire Kambere Mbweki Richard alerte notamment sur les risques de division et de violences.

« Lorsque les gens diffusent des messages de haine, ils créent des divisions, d’autant plus que certaines communautés peuvent se sentir lésées ou exclues. Cela peut même conduire à la justice populaire. Beaucoup de personnes peuvent mourir à cause de messages haineux ou d’informations non vérifiées », explique-t-il.

Il souligne également que la responsabilité ne concerne pas uniquement les auteurs des publications, mais aussi les personnes qui relaient ces contenus sans en vérifier l’exactitude. La vérification des informations constitue ainsi une étape essentielle avant tout partage.

De leur côté, les professionnels des médias rappellent l’importance du respect des principes fondamentaux du journalisme, notamment la vérification des faits, le croisement des sources et le traitement responsable de l’information.

Face à la propagation de la désinformation et des discours de haine sur les réseaux sociaux, les jeunes et les leaders communautaires estiment que l’éthique et la responsabilité doivent guider les comportements en ligne. Utilisés avec discernement, les outils numériques peuvent contribuer au dialogue, au rapprochement entre les communautés et à la préservation de la cohésion sociale à Kasindi, indiquent-ils.

Cet article est produit dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et des médias du Nord-Kivu en journalisme de paix pour la cohésion sociale », exécuté par l’UNPC Nord-Kivu avec l’appui de la Direction du développement et de la coopération (DDC) suisse.

À travers ce projet, l’UNPC Nord-Kivu entend renforcer le rôle des médias dans la promotion de la paix et de la cohésion sociale.

Libu Manga Rachidi Black

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