Au Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), les forces et services de sécurité jouent un rôle important dans le maintien de l’ordre public et l’accompagnement des équipes engagées dans la riposte contre la maladie à virus Ebola.
D’après plusieurs témoignages recueillis par les journalistes de la synergie Sauti ya Amani de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), avec l’appui de la Direction du développement et de la coopération (DDC) suisse, dans le bulletin du 30 octobre 2026, l’armée et la police ne devraient pas être perçues comme une menace par les communautés, mais plutôt comme des partenaires des équipes de riposte, notamment lors des opérations d’enterrements dignes et sécurisés (EDS).
À Beni, ces services interviennent notamment pour protéger les équipes de riposte, sécuriser les centres de traitement d’Ebola, les centres de transit et d’autres installations sanitaires. Ils accompagnent également les équipes chargées des enterrements dignes et sécurisés afin de prévenir d’éventuels incidents.
Selon le colonel Jonathan Molangi, de la Police Nationale Congolaise (PNC), chargé de la mitigation et de la sécurité dans la riposte, ce dispositif constitue un lien essentiel entre la coordination de la riposte et les services de sécurité.
« C’est un pilier qui fait le pont entre la coordination de la riposte et la sécurité en général, pour voir comment sécuriser les activités de la riposte. Dans ce pilier, on a au moins quatre sous-branches : la branche de sensibilisation, qui consiste pour les hommes en uniforme à sensibiliser la population au respect des mesures barrières. Il y a aussi la branche sécurisation, qui sécurise tous les acteurs de la riposte, les escorte et protège les infrastructures liées à la riposte », explique-t-il.
Au-delà de la protection des intervenants et des installations sanitaires, les forces de sécurité contribuent également au respect des mesures barrières, notamment aux points d’entrée de la ville de Beni. Cette présence vise à limiter les risques de propagation de la maladie.
Pour le colonel Molangi, la population doit comprendre que les agents de sécurité ne sont pas déployés pour la traquer, mais pour faciliter le travail des équipes de riposte et faire respecter les consignes sanitaires.
Cette collaboration est également saluée par certains professionnels de santé. Le Docteur Jérémie Muhindo, de l’Hôpital général de référence, souligne que la sécurité des équipes et le maintien de l’ordre public sont indispensables au bon déroulement des interventions.
« La sécurité, la police, l’armée, c’est un pilier tout entier au sein de la riposte. C’est ce qui nous aide à sécuriser nos équipes et à restaurer l’ordre public. Ce pilier nous aide non seulement à assurer la sécurité, mais également à sensibiliser les hommes de troupe et les personnes dépendant de tous ces militaires et policiers », insiste-t-il.
Dans un contexte marqué par des résistances communautaires au Nord-Kivu et en Ituri, la sensibilisation, la prise en charge des malades et la sécurisation des interventions restent complémentaires. La collaboration entre la population, les services de sécurité et les équipes sanitaires demeure ainsi essentielle pour prévenir les incidents, renforcer la confiance et contribuer à une riposte efficace contre Ebola.
Cet article est produit dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et des médias du Nord-Kivu en journalisme de paix pour la cohésion sociale », exécuté par l’UNPC Nord-Kivu avec l’appui de la Direction du développement et de la coopération (DDC) suisse.
À travers ce projet, l’UNPC Nord-Kivu entend renforcer le rôle des médias dans la promotion de la paix et de la cohésion sociale.
Mady Nzenza llongo

